Particulièrement détesté en France pour son attitude parfois brutale sur le terrain (selon Saint Grégoire Margotton et Saint Jean-Michel Larqué), Mark Van Bommel n'en demeure pas moins un maillon essentiel du Bayern Munich comme de la sélection néerlandaise.
Il le dit lui-même : « Une équipe de football ne peut être constituée de onze danseuses ». ses coéquipiers du Bayern comme des Oranje apprécieront, mais Mark Van Bommel a raison. Car si l'on demande aujourd'hui que le football soit rendu aux footballeurs, il faut bien récupérer le ballon dans les pieds des génies, saper le travail des visiteurs et tant qu'à faire le rendre un ballon propre aux génies de son propre camp. À 33 ans, le Néerlandais a atteint l'excellence dans ce registre. Aussi bien capable de pourrir le milieu de terrain que de se mettre l'arbitre dans la poche. En 500 matchs professionnel (tant en club qu'en sélection) Mark Van Bommel affiche l'effrayante statistique de 109 cartons jaunes pour finalement seulement 8 expulsions... et tout de même 87 buts !
Le football n'a pas de moral... lui non plus !
Dès lors que qu'on pratique un peu le football et le Mark Van Bommel, on sait que les deux sont fait pour s'entendre. Comme si le bien n'avait d'existence parce qu'il y a le mal. Bien sûr le milieu défensif entretient la légende par quelques coups d'éclats comme ce taquet sur Lionel Messi en quart de finale de la Ligue des Champions 2008-2009.
S'il n'a pas donné sa part aux cochons, ce n'est pas Mark Van Bommel qui ressort comme l'un des plus grands bouchers du huitième de finale entre le Portugal et les Pays-Bas en 2006. Car il arrive qu'aux aléas du marquage individuel et de la chaleur ambiante qu'un match de football dégénère en combat de rue. Rien ne sert de se cacher derrière la bonne pensée qu'on ne devrait pas voir ça sur un terrain de foot. Le fait est que ce sport, plus que d'autre par la dramaturgie mondiale et médiatique qu'il peut produire, laisse ressortir les pires instincts des Hommes de temps à autre. Car oui le football n'a rien d'un sport moral. Même si c'est très à la mode comme pensée...
Mais résumer Mark Van Bommel à des coups, des cartons, des tacles et des bras d'honneur est erroné. Revenu en sélection après son absence à l'Euro 2008 et aussi à la faveur d'un sélectionneur (Bert Van Marwijk) qui est aussi son beau père, le milieu du Bayern a rayonné en cette Coupe du Monde par sa capacité à écraser les égos des stars (Robben, Sneijder...) sous le poids du sien. De toute manière, il est impossible de se trouver autant de fois dans une équipe qui gagne par hasard ! 7 championnats nationaux avec le PSV Eindhoven (2000, 2001, 2003 et 2005), le FC Barcelone (2006) et le Bayern Munich (2008 et 2010). Sur une saison Mark Van Bommel est précieux et l'on regrette que son abattage du milieu de terrain ne soit pas reconnu. Seulement stigmatisé pour ses fautes et cette capacité ahurissante à parler avec les arbitres sans jamais prendre de carton jaune (jusqu'à certain moment/pétâge de plomb). Car une fois en danger (comme lors de la finale de la Coupe du Monde après son tacle sur Andrès Iniesta), le milieu sait se faire discret et s'appliquer à récupérer le ballon aussi bien au sol que dans les airs et le transmettre proprement à ses créateurs (Sneijder, Van Der Vaart, Robben, Ribéry, Müller...), c'est l'essentiel différence entre le Van Bommel d'avant et celui d'aujourd'hui.
Dommage que Grégoire Margotton, Christophe Josse et Jean-Michel Larqué ne mettent pas aussi ce rôle là sous les feux de la rampe. D'autant que niveau fighting spirit... Ils ont loué, des années durant, celui d'un certain Roy Keane.