L'Heure du bilan a sonné depuis le sacre de la Roja. Si cette Coupe du Monde 2010 ne restera pas vraiment dans les mémoires par le niveau de jeu proposé, on remarque que les équipes qui sont allées le plus loin sont les vrais collectifs, pas ceux qui repose sur une star internationale.
Au-delà du premier sacre de l'Espagne, de la troisième défaite en finale des Pays-Bas, du fiasco de l'équipe de France, du vuvuzela ou encore de Paul le poulpe, ce qui reste de cette Coupe du Monde 2010, c'est l'incroyable défaillance des stars du football mondial. Du moins celles des directions marketing des équipementiers car Cristiano Ronaldo, Lionel Messi, Samuel Eto'o, Franck Ribéry, Wayne Rooney, Steven Gerrard, Franck Lampard, Didier Drogba, Fabio Cannavaro, Robinho et Fernando Torres sont tous passés à côté de leur mondial et ont, à Fernando Torres près, plongé leur formation dans les abîmes.
Trop de foot tue le foot ?
Toutes ces stars ont en commun d'avoir 50 matchs dans les jambes avant le rendez-vous sud-africain. Difficile alors de se refaire une condition physique et mentale à l'heure des vacances et après 10 mois de pression en club. Même professionnel, on reconnaît au footballeur un petit droit à la lassitude ! Pourtant cette Coupe du Monde a mis en valeur d'autres stars moins glamours que Ronaldo et Robinho. L'explosion de Thomas Müller, la consécration d'un joueur modèle comme Diego Forlan, Miroslav Klose qui en est à 14 buts sur trois Coupes du Monde... Même les égos néerlandais de Wesley Sneijder, Arjen Robben, Rafael Van Der Vaart et Robin Van Persie sont parvenus à vivre ensemble pour aller en finale... alors quoi ? On se rend compte du rôle évolutif du sélectionneur national. Ce dernier voit aujourd'hui son avenir conditionné par le degré de motivation, de concentration et la volonté de se faire mal les uns pour les autres de ses joueurs. Vicente Del Bosque, Bert Van Marwijk et Joachim Löw ont avant tout réussi le tour de force de tenir leur vestiaire. Du moins suffisamment longtemps pour briller en cette Coupe du Monde. Le vestiaire tenu, les trois techniciens pouvaient travailler sereinement. Vicente Del Bosque s'inspirant du travail de son prédécesseur (Luis Aragonès) et du FC Barcelone. Le 4-5-1 étant la touche personnelle de l'ancien entraîneur du Real Madrid.
Le collectif de stars, pas la star du collectif
Ainsi ces vrais équipes de football ont pris le meilleur sur le reste du monde. Celles où la compensation de poste est réelle, celle où l'on n'hésite pas une seconde à se sacrifier pour les autres. On a vu aussi dans la NationalMannschaft un véritable projet de jeu au sein d'une des plus jeunes équipes allemandes de l'Histoire, qui plus est enfin débarrassé de Michael Ballack. Avec le 4-2-3-1 de Joachim Löw, où les milieux ''défensifs'' se nomment Sami Khedira et Bastian Schweinsteiger, on va vers de l'avant avec le ballon dans les pieds. Avec 16 buts marqués, la NationalMannschaft est la meilleur attaque de ce Mondial 2010. Il restera aussi dans les mémoires que coup sur coup Anglais et Argentins en ont pris 4 !
Pas de révolution, juste une confirmation
Tous les quatre ans, la Coupe du Monde propose la tendance des années qui suivent. En 2010 ce n'est pas vraiment le cas. En tout cas sur l'arbitrage où l'on a tout juste remarqué une volonté accrue de sanctionner les gestes d'antijeu lors d'un contre (l'expulsion invraisemblable de Klose face à la Serbie par exemple). Rien de bien nouveau sinon qu'on ressort d'un Mondial avec un débat sur la vidéo plus que jamais bouillant. Du côté du jeu, rien de nouveau dans l'hiver sud-africain si ce n'est qu'un peu plus encore le football de club a pris le dessus sur le football de sélection. La Ligue des Champions est parti pour demeurer la plus forte compétition de football suivi de près par le championnat d'Europe des Nations, mais celui-ci passant désormais à 24 équipes, la référence ultime sera la C1 jusqu'à les annonceurs et les équipementiers se rendent compte que la qualité d'une Coupe du Monde est de moins en moins présente lors de cet événement pourtant si attendu, préparé et rondement financé. Mais Nike et Adidas ont en ils vraiment quelque chose à faire ?
B.P