Magnifique sélection des années impaires, l'Espagne est parvenu en deux ans à rattraper le palmarès français. Dimanche soir face aux Pays-Bas, la Roja a eu besoin de 116 minutes et d'un San Iker retrouvé pour afficher, déjà, fièrement sa première étoile sur un nouveau maillot redevenu rouge vif.
Ce Pays-Bas-Espagne restera dans l'Histoire à plus d'un titre. D'abord parce qu'il inscrit sur le socle du trophée le nom d'une huitième nation. Ensuite, parce qu'on a eu un record de carton lors d'une finale pourtant arbitré par Howard Webb symbolisant l'excellent esprit arbitral anglais, du moins ce qui en est dit toute l'année... Au final 13 cartons jaunes et un rouge pour John Heitinga. Ce fameux carton rouge de la 109ème minute qui a permis de débloquer rapidement la situation. Pourtant les Battaves auraient pu/du se retrouver à 10 bien plus tôt à commencer par le tacle par derrière de Mark Van Bommel sur Andrès Iniesta ou encore du coup de karaté de Nigel De Jong sur Xabi Alonso.
Le défi physique, parfois brutal, des Néerlandais a failli marcher, mais sur contre à grande vitesse Arjen Robben rata, par deux fois, la balle de match au profit d'un arrêt miraculeux d'Iker Casillas redevenu San Iker. Les Battaves regrettent, paraît-il, que Carles Puyol ne soit exclu. Mais en réfléchissant si effectivement Puyol pouvait sortir, on répète que Van Bommel et De Jong (et peut-être même Sneijder) devaient sortir avant Heitinga.
Iniesta pour l'Histoire, encore
Bien pris et rarement devant le but, David Villa n'était pas en mesure de marquer dimanche soir. Le but espagnol devait venir d'un coup de génie. C'est Andrès Iniesta qui s'y est collé. Lui le joueur petit, qui ne ressemble à pas grand chose, qui se retrouve baladé à plusieurs postes avec Barcelone, qui ne moufte jamais et qui inscrit des buts vraiment décisifs à l'instar de ce but inscrit en mai 2009 à Stamford Bridge. Un beau but de candidat au ballon d'or.
L'avenir aux joueurs de ballon
L'Espagne championne du Monde, c'est la bénédiction du football repris aux athlètes et rendu aux footballeurs. Sergio Busquets et son 1m89 est le plus grand espagnol par la taille vu dimanche soir à Soccer City. C'est dire que l'engagement physique, la taille pour une approche aérienne du jeu est relégué à un second plan. Avec cette Espagne modelé façon FC Barcelone, c'est le ballon et l'adversaire qui courent le plus même si avec 8 buts marqués dans le tournoi, l'Espagne est la moins brillante attaque de l'Histoire des Champions du Monde... Vincente Del Bosque s'est appuyé sur le travail en amont du Barça : Puyol, Piqué, Busquets, Xavi, Pedro et Iniesta tous barcelonais et tous titulaires dimanche soir ! On peut ajouter David Villa qui y jouera la saison prochaine, ne reste que Capdevila, Ramos et Alonso. Au reste du monde et surtout à la France de s'inspirer de ce modèle espagnol. La verticalité du football où tous les joueurs apprennent le même système des U13 aux professionnels. La France en a-t-elle les moyens ?