Dimanche soir, une huitième nation inscrira son nom au palmarès de la Coupe du Monde et prendra par ailleurs la tête du classement Fifa. Plus qu'une affiche inédite entre les Pays-Bas et l'Espagne, c'est un choc des cultures qui s'annonce au Soccer City.
Oublier les traumatismes de 1974 et 1978, voilà la cause néerlandaise à l'heure de disputer sa troisième finale de Coupe du Monde. Sans renier le talent des Sneijder, Robben et Van Der Vaart nul doute que les générations Cruyff et Van Basten auraient davantage mérité de triompher du rendez-vous mondial. Le temps n'est cependant pas à la déprime nostalgique, mais bien à la confirmation d'un avenir radieux. Même en perdant cette finale, les Pays-Bas ne pourront que se satisfaire de leur parcours, les plus optimistes des pronostiqueurs ne les voyants rarement passer au-delà des quarts de finale.
Comme les Allemands en 1972-1974
Pour la Roja, il s'agit d'une grande première avec cette finale difficile à envisager au soir de la défaite inaugurale face à la Suisse (0-1). Tout au long du mois de juin, les joueurs de Vicente Del Bosque n'ont pas spécialement régalé. Disons plutôt un quart d'heure de temps en temps jusqu'à ce match rondement mené face à l'Allemagne (1-0). Favorite, l'Espagne a l'occasion de rééditer la performance de la NationalMannschaft qui en 1972 avait remporté le Championnat d'Europe des Nations avant de triompher lors de la première Coupe du Monde de l'Ère moderne (qui se disputait chez elle) deux ans plus tard.
Opposition de style
Avec son jeu de passe léché et précis, les joueurs espagnols se sont fait 3 387 passes avant cette finale, près de 1 000 de plus que les Néerlandais. Voilà une statistique qui montre à quel point le jeu ibérique est avant tout collectif, faire courir et l'adversaire. Les stars Xavi, Iniesta, David Villa & co n'étant que des porteurs d'un ballon qui n'arrête jamais rendre hystérique l'adversaire. Le pêché mignon de cette sélection réside en son réalisme devant le but. Seulement 7 buts marqués en 6 matchs et 2 penalty ratés. De quoi faire de l'Espagne, sauf à coller 4 buts aux Pays-Bas pour égaliser l'Italie en 1938 (sur 4 matchs) et l'Angleterre en 1966, la plus attaque faible des champions du Monde de l'Histoire.
Pour les Battaves, dont le jeu collectif est également à louer, on se doit néanmoins d'opposer à l'Espagne un engagement physique largement plus utilisé à l'image de Mark Van Bommel (mais pas seulement). S'appuyant sur une progression du ballon à l'aide d'un triangle, les Battaves s'en remettent davantage aux exploits individuels en bout d'action qu'à une réelle déstabilisation du bloc adverse. Du moins sur les actions qui ont amené un but.
B.P