Pour une fois que Canal Plus proposait une affiche qui ne concernait ni Bordeaux, ni Marseille, ni Lyon, ni Paris. Cet ASSE-Rennes était un vrai plaidoyer pour la Ligue 1, hors gros quatre (le fameux !). La contre performance des 22 acteurs est un revers cinglant ! Quoi de plus logique aussi qu'un match en milieu de semaine de janvier avec du brouillard et une température de -4°. Ce n'était pas les conditions météo qui allait permettre à l'ASSE de faire autre chose qu'un quatrième 0-0 consécutif à la maison. Du moins, il fallait compter sur des Rennais pas beaucoup plus fringuants offensivement ces derniers temps : 2 buts marqués lors des 5 derniers matches de championnat. Rennes et Saint-Étienne, ces deux équipes sont concernés par 8 des 13 scores de 0-0 depuis le début de la saison.
Jimmy Briand titulaire
Au moins pouvait-on croire que Jimmy Briand avait les armes pour contrecarrer les plans de la fatalité statistique. C'était présumer des forces d'un joueur titularisé pour la première fois de la saison à la pointe de l'attaque bretonne... tout seul qui plus est. Mais le Stade Rennais prenait le match par le bon bout. Contrôles favorables et premiers corners, les Bretons trouvaient déjà la profondeur (grâce à Briand) et des duels en un contre un alors que les Stéphanois étaient censés imposé leur tempo d'entrée. Au lieu de cela, les Verts pêchaient déjà dans le marquage. À plus de deux mètres de l'adversaire approchant de la surface de Jérémy Janot. Au bout de 13 minutes de jeu, il y a 68% de possession de balle pour Rennes... à l'extérieur !
Et Carlos Bocanegra dans tout ça ? Le rumeur (insistante) qui l'envoie dans le Forez n'a pas empêché Frédéric Antonetti de l'aligner d'entrée. C'est d'ailleurs lui qui coupait ce qui aurait pu être le premier ballon dangereux à destination d'Emmanuel Rivière (12è). L'Américain qu'on retrouvait (bien seul) en phase offensive pour une tête au-dessus de la barre de Jérémy Janot sur un énième corner rennais (19è). Les coups de pieds arrêtés, véritable faiblesse des Stéphanois (10 buts encaissés sur 19). Kader Mangane passe de peu à côté de l'ouverture du score, seul Jérémy Janot parvenait à boxer le cuir sur le tête du Sénégalais (20è). L'entame de match rennaise méritait de tout évidence un but. Ce à quoi Sylvain Marveaux passa tout près une fois décalé à droite par Moussa Sow et qu'il eut slalomé entre Dimitri Payet et Yohan Andreu. Sa frappe enveloppée laissait Jérémy Janot spectateur, seul le poteau trouve quelque chose à redire (25è). Le milieu rennais qu'on retrouvait dans la foulée pour une frappe juste au-dessus de la barre.
Et puis plus rien
Nettement dominé au milieu de terrain, Christophe Galtier gonflait la densité stéphanoise en faisant glisser Kévin Mirallas du côté droit à la pointe d'un triangle à trois (avec Gelson Fernandes et Guirane Ndaw) tandis qu'Emmanuel Rivière prenait le côté droit. Boubacar Sanogo se retrouvait alors seul en pointe. Repositionné dans l'axe, Kévin Mirallas était alerté par Dimitri Payet à l'entrée de la surface, mais sa frappe croisée ratée était contré par la défense rennaise (32è) pas question pour autant de parler de première occasion. Le dernier quart d'heure de cette première mi-temps voyait les Stéphanois avoir un peu plus le ballon, le gonflage du milieu par Christophe Galtier portait ses fruits. Cependant les Verts n'arrivaient pas spécialement à avoir une utilisation du ballon dangereuse pour les Bretons qui rentraient au vestiaire avec 57% de possession de balle et 7 tirs pour 2 petites tentatives contrées stéphanoises.
Des regrets pour tout le monde
À l'image de la première période, le second acte débutait avec des Bretons vifs et qui se créaient d'entrée une occasion avec une demi-volée de Moussa Sow repoussée par Jérémy Janot (47è). Face à des Stéphanois aussi passifs, les Rennais oubliaient de prendre le temps (qui était disponible) pour trouver davantage de précision dans l'avant dernière et la dernière place. Jusuqu'à 20 mètres du but stéphanois, les joueurs de Frédéric Antonetti sont les patrons Geoffroy Guichard.
Sans résoudre le problème insoluble de qui mène le jeu à l'ASSE, les Verts sortaient quelque peu la tête de l'eau à l'heure de jeu. Du moins prudemment. Une frappe de Boubacar Sanogo dans les nuages (55è), un centre aux multiples rebonds de Kévin Mirallas pour une demi-volée complètement manquée d'Emmanuel Rivière (58è). Ou encore un centre bien tendu de Loïc Perrin qui méritait bien mieux qu'un calin de Nicolas Douchez (66è). Saint-Étienne montait d'un (petit) cran. Rod Fanni nous gratifiait d'un tacle 5 étoiles sur Kévin Mirallas qui entrait dans la surface (69è). Guirane Ndaw ne prenait absolument aucun risque sur un coup franc à l'entrée de la surface (75è).
Alors que le match pouvait se mettre à réchauffer Geoffroy Guichard (et réveiller les gens devant leur télé), il n'en fut rien. Le 0-0 se profilait plus jamais à deux (très) petits frissons près. Une frappe d'Ismael Bangoura assez nettement à côté et une énorme occasion pour Boubacar Sanago dont la frappe croisée fut sorti en corner par un Nicolas Douchez qui avait le mérite d'être resté concentré jusqu'à la 89è minute !
Au final un 0-0 on ne peut plus logique.
B.P