Depuis 2004 et la modification de loi instaurée par la FIFA, les joueurs à double nationalité peuvent rejoindre la sélection de leurs pays d'origines, bien qu'ayant joué en équipe jeune de leur terre d'adoption. Les pays africains ont en alors grandement profité. Cette année en Angola, ils sont pas moins de 28 « Français » a disputé la CAN.
Ils s’appellent Hassan Yebda, Mourad Meghni, Chaouki Ben Saada ou Emerse Faé. Ils ont tous la particularité d’avoir remporté en 2001 le championnat du Monde des – 17 ans avec le maillot de l’Equipe de France et d’aujourd’hui porter les couleurs de l’Algérie, de la Tunisie ou de la Côte-d’Ivoire à la CAN. Mais comment ont-ils pu changer de sélection du jour au lendemain ?
Kanouté : «Pas une décision facile »
La double nationalité est une opportunité pour certains. Barrés en sélection dans leur pays natale, ces joueurs trouvent souvent en leur pays d’origine un moyen de participer aux plus grandes compétitions internationales. Ainsi, depuis 2004, la FIFA s’est penchée sur le dossier de la loi dite de «la double nationalité.» C’est d’ailleurs du 1er janvier au 31 décembre de cette même année que l’instance met en place une première dérogation autorisant les joueurs à double nationalité et sans distinction d’âge de rejoindre les sélections de leurs pays d’origine s’ils en faisaient la demande. Kaba Diawara, bien que né à Toulon, choisit par exemple de revêtir le maillot guinéen, pays de ses parents. Frédéric Kanouté, aujourd’hui attaquant vedette du FC Séville et ex-coéquipier de Thierry Henry et William Gallas en équipe de France espoirs, fait lui le choix du Mali. Cependant, «cela n'a pas été une décision facile à prendre pour moi, expliquait-il au lendemain de son choix. Je ne suis pas un opportuniste.» Sans doute que l’ex-lyonnais a fait le choix du «cœur», celui que Samuel Eto’o place au-dessus de toutes lois : «Lorsqu'un joueur a vraiment envie de jouer pour une sélection africaine il le fait... »
Une sélection… et puis s’en va
Mais la FIFA doit malheureusement faire face à quelques dérapages de double nationalité abusive. Ainsi, dès 2005, la FIFA a revu son amendement pour le modifier. La mesure est désormais limitée aux seuls joueurs âgés de moins de 21 ans. Mais sur une proposition de la fédération algérienne en 2009, la FIFA a réétudié et modifié la loi. Désormais, et depuis le congrès de Nassau du 3 juin 2009, tout joueur n'ayant pas encore évolué en compétition officielle avec la sélection A de son pays d'accueil, est autorisé à jouer pour une autre sélection sans limite d'âge. Hassan Yebda, donc, ou Mourad Meghni, présenté comme le «petit Zizou» à son plus jeune âge, ont donc fait le choix de l’Algérie en 2009. Pour ainsi dire, la modification de cette loi est très avantageuse pour les fédérations africaines, pouvant bénéficier de leurs nombreux joueurs évoluant en Europe. En espérant tout de fois que les nations européennes ne se mettent pas à bloquer certains joueurs en leur promettant l’argent du beurre le temps d’une sélection. Rio Mavuba, Peguy Luyindula, Hatem Ben Arfa ou Julien Faubert ont en fait les frais ces derniers temps. A moins d’un retour en Equipe de France un jour, pour l’instant, leur carrière internationale est réduite à néant. Pendant ce temps-là, de l’autre côté de la Méditerranée, d’autres font leur trou en équipe A et disputent des tournois internationaux avec une sélection moins huppées que la France. «C’est une fierté pour moi et ma famille» résume tout simplement Mamadou Samassa, l’attaquant de Valenciennes et des Aigles du Mali.