Ces derniers temps, quelques entraîneurs utilisent ce pronom personnel, cette espèce de marque de mépris inepte, ce «vous» lorsqu’on parle des journalistes.
«C’est vous qui inventez toutes ces histoires !»,
«C’est vous qui le dîtes !» sont des phrases de plus en plus courantes en salles de presse… Pour Franck Dumas, la presse ne raconte que du blabla. Pire encore, lorsque ce blabla se transforme en critique, c’est intolérable pour lui. Elle ne doit en aucun cas venir d’une «pseudo presse». Mais qu’est qu’une presse digne de ce nom alors ? Sans doute une presse qui ne juge pas sur la forme mais sur le fond comme l’entraîneur caennais le voudrait. Ou encore une presse qui ne donne pas de notes aux joueurs et qui ne fait que raconter le match, de la passe ratée de l’arrière gauche au tacle à retardement avec deux pieds décollés du gardien ! Non, la presse n’est pas parole d’évangile, mais la presse donne cette notion de parole, rouage de la démocratie de nos jours via la liberté d’expression. Lorsqu’une équipe joue mal, comme quand elle joue bien, le métier du journaliste est de le dire.
«On en a rien à foutre de ce que pensent les journalistes» lance-t-il dans la vidéo. On n’ira pas jusqu’à dire comme ce que pensent les entraîneurs car ce n’est pas vrai. Mais a la condition express qu’ils ne manient pas habilement la langue de bois.
«Aucun entraîneur n’expliquera les raisons d’une défaite à la presse. Tout ça se règle en interne» concède l’ancien joueur de Marseille. En résumé, le discours est toujours le même : on n’a pas bien joué et on va essayer de faire mieux au prochain match après une bonne semaine d’entraînement avec un effectif au complet.
La passion destructrice des blogueurs Au 17ème siècle, on parlait du gazetier. Au 19ème siècle, il s’agissait du polémiste, au 20ème du reporter. Aujourd’hui, on parle de blogueurs. Cette espèce d’internaute bizarre qui passe son temps à dénigrer gratuitement tout ce petit monde fragile du football.
«Sur internet, on peut dire tout et n’importe quoi !» s’exclame Franck Dumas. Et comme il le dit bien, il faut faire attention à ne pas dépasser les bornes :
«Il faut arrêter les conneries !» L’exemple qu’il prend pour se défendre est tout à fait respectable, lui qui trouve scandaleux de se faire
«massacrer parce qu’il est une personne publique.» et revient sur l'épisode
Papablog. Il propose de prendre un supporter au hasard et de créer un blog sur lui en le ternissant au possible. Car oui, comme il le dit si bien, la passion est destructrice en ce moment. Elle arrive même dans des domaines privés, ce qui a le don d’agacer l’entraîneur normand.
Mais la presse et les blogs sont bel et bien présents, et il faut faire avec. Les entraîneurs n’aiment pas les critiques qui ne viennent pas du milieu, un peu comme les journalistes détestent que leur profession soit dénigrée par d’autres. Il va falloir trouver une solution, pour que cette rivalité entre les journalistes et le monde du football stoppe au plus vite !